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Accueil Actualités FOAD Normes et standards Normes et web 2.0
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Lundi, 19 Avril 2010 17:31

Normes et web 2.0

J'ai interpellé Bernard Blandin qui représente le FFFOD dans les groupes de travail sur la normalisation à l'AFNOR et l'ISO depuis plusieurs années sur la question du web 2.0 et des normes car j'entendais ou je lisais que la question des normes n'était plus d'actualité avec le web 2.0. Voici sa réponse (version 2). 

J’ai souligné dans mes notes d’alerte précédentes les risques qu’il pouvait y avoir à ignorer les normes et leurs enjeux dans le domaine des technologies de l’information pour l’éducation, la formation et l’apprentissage. Sur certains sujets, comme la présentation de l’offre de formation, ces risques ont été pris au sérieux et on donné lieu à des travaux qui permettront, à terme, la convergence des divers formats aujourd’hui utilisés en France. Mais ce mouvement est loin d’être généralisé, comme le montre un rapport parlementaire récent intitulé « Réussir l’éducation numérique » qui recommande la généralisation des espaces numériques de travail (ENT) et des plates-formes, mais reste totalement muet sur le sujet de leur interopérabilité.

Depuis quelques temps, l’ignorance ou le désintérêt pour les normes trouve de nouveaux arguments en sa faveur dans le mouvement « anti-normes 2.0 » qui se développe : le web 2.0 rendrait les normes actuelles, déjà peu appliquées en France à ce jour, totalement inutiles… Comme si les raisons qui ont conduit à établir les normes utilisées aujourd’hui avaient disparu avec l’avènement du web 2.0 !

« Pour répondre à votre question, j'ai l'impression que la problématique des normes ne va pas trop se poser pour l'apprentissage par le Web 2.0 qui se situe plus au niveau du processus d'apprentissage que de celui des ressources-objets en elles-mêmes » (Isabelle Dremaux, Carte 2009 des outils 2.0 pour les formateurs. Réponse aux commentaires publiée le 30/11/2009 : http://e-learningbretagne.blogspirit.com/archive/2009/11/27/carte-2009-des-outils-2-0.html Consulté le 19/04/2010)

« Les organismes publiques [sic] et privés qui ont élaboré et mis en œuvre les projets de normes, standards et modèles AICC, IMS, LOM, SCORM et les silos planétaires d’entreposage de documents inter-échangeables sont aujourd’hui relayés par la galaxie « Web 2.0 & e-learning 2.0 » dont l’un des axes est aujourd’hui un immense silo à documents de toutes natures dont les volets pédagogiques croissent fortement. Les communautés qui animent et alimentent cette galaxie sont innombrables et incontrôlables. En d’autres termes, l’ambition AICC-IMS-LOM-SCORM est en train d’être réalisée naturellement par une nouvelle galaxie appelée « Web 2.0 & e-learning 2.0 » au comportement quasi sauvage qui ne s’encombre d’aucune norme, standard ou modèle, seule l’efficience pédagogique maximale et immédiate la motive. » (François Daniel Giezendanner, Du Web 2.0 au E-learning 2.0 et aux et normes AICC, IMS, LOM, SCORM, ... Nouvelles approches, nouveau paradigme, publié le 03/03/2010 : http://icp.ge.ch/sem/cms-spip/spip.php?article949 Consulté le 19/04/2010)

Qu’en est-il vraiment ? Le web 2.0, en ouvrant les possibilités de publication à tout le monde, permet effectivement de générer un contenu foisonnant. Je ne me prononcerai pas sur son intérêt pédagogique ou son efficience… que les « anti-normes 2.0 » considèrent en même temps comme quasi automatiquement assurés. Toujours est-il que ce contenu foisonnant, généré à partir d’éditeurs multiples, dans des formats divers, répond déjà à des normes de base, qui lui permettent d’exister sur le web : celles du W3C, celles définissant les différents formats de fichiers, etc. Il est donc faux de dire que ce contenu « ne s’encombre d’aucune norme, standard ou modèle » : sans norme, standard et modèle, il ne serait tout simplement pas publiable, ni accessible sur le web !

Au-delà de ces standards indispensables qu’ils oublient, les « anti-normes 2.0 » déclarent qu’avec le web 2.0, il n’y a plus besoin d’interopérabilité des outils et de réutilisabilité des ressources. Donc plus besoin des normes qui ont été conçues pour cela, comme les profils des LOM, le Content Packaging ou la Common Cartridge d’IMS, ou l’API 1484.11.2 de l’IEEE qui permet l’échange de données entre une plate-forme et des ressources.

Finis les problèmes des plates-formes traditionnelles incompatibles les unes avec les autres. Finies les ressources que l’on n’arrive pas à retrouver parce que mal indexées. Le web 2.0 permet, magiquement, de tout résoudre ! Regardons sur quelques exemples ce qu’il en est.
  • Les fichiers produits par les utilisateurs, qu’ils soient vidéo, audio, texte ou multimédia, sont indexés dans les blogs, les wikis, les réseaux vidéo communautaires comme Youtube, Dailymotion et autres… par de simples mots-clés, au mieux par les données de base du Dublin Core (titre, auteur, date…). C’est une fantastique régression par rapport aux systèmes de métadonnées inventés avec le Dublin Core en 1995 et perfectionnés depuis grâce aux nombreux travaux sur les métadonnées (profils du LOM, MLR…), les développements d’ontologies ou de vocabulaires contrôlés, monolingues ou multilingues… Tout cela a justement été créé pour palier à l’insuffisance des descripteurs utilisés traditionnellement par les documentalistes, et les premières normes ont été développées pour standardiser les jeux de métadonnées. Aujourd’hui, l’indexation des contenus générés par les utilisateurs (User-Generated Content) est un des enjeux important des normes du web 2.0 si l’on ne veut pas que cette production foisonnante et « sauvage » soit impossible à retrouver, passées les quelques heures ou un éventuel buzz l’aura amené à être consultée par des milliers de personnes.
  • Les formats utilisés par de nombreuses applications récentes, comme par exemple les générateurs de cartes heuristiques, ne sont pas standardisés, ce qui rend la portabilité des fichiers créés entre deux applications comme Freemind et MindManager impossible. La généralisation de ce type d’outil passe nécessairement par l’établissement de normes, sauf si un fournisseur d’application impose son standard.
  • Les nombreuses applications « web 2.0 » permettant de fabriquer du contenu en ligne, qu’il soit simple comme une « Flashcard » ou plus complexe comme les produits de « Rapid e-Learning » sont des applications indépendantes (« stand alone ») qu’il n’est pas possible d’agréger, parce qu’aucune interface standardisée pour les web services n’a été prévue : on peut jouer une séquence Flash dans un navigateur, mais il n’est pas possible d’échanger des données entre le module Flash et une autre application. L’interopérabilité des web services est un des premiers chantiers auquel se sont attaqués les groupes de travail sur la normalisation de demain, à la demande des utilisateurs qui souhaitent, par exemple, pouvoir transférer les scores d’un « serious game » dans une plate-forme de e-learning traditionnelle, c’est-à-dire faire avec les technologies actuelles ce que SCORM rend possible pour une plate-forme traditionnelle.

Le web 2.0 correspond à une nouvelle génération d’outils. Les normes utilisées aujourd’hui ont été conçues il y a plus de dix ans, à une époque où les technologies actuelles n’existaient pas. Mais les besoins auxquels elles répondaient sont restés les mêmes. Ils se sont même accrus, même si leur satisfaction est rendue plus complexe pour les technologies récentes, dont celles du « web 2.0 ». Les premières réflexions sur les normes nécessaires dans le futur ont démarré il y a plusieurs années, mais n’ont été rendues publiques qu’en février 2009 par LETSI (Learning, Education and Training Systems Interoperability), dans un document présentant les bases retenues pour ce qui a été appelé SCORM 2.0, bien qu’il s’agisse d’un ensemble de spécifications nouvelles, ouvertes, visant à prendre en compte les besoins d’interopérabilité dans un contexte caractérisé par les technologies web 2.0, et non d’une mise à jour des spécifications existantes(1). Les besoins pris en compte par ces travaux sont ceux apparus à l’issue d’enquêtes menées entre août et octobre 2008 auprès de nombreux utilisateurs professionnels, et le premier de ces besoins, unanimement exprimé est la préservation des investissements réalisés.

C’est la principale raison pour laquelle, à côté des futurs standards concernant les technologies récentes, les normes et standards actuels continueront d’exister et d’être utilisés, n’en déplaise aux « anti-normes 2.0 » : SCORM 2004 est maintenant stabilisé et est devenu un ensemble de normes internationales (ISO-IEC TR 29163 - parties 1 à 4), donc toutes les spécifications qui y sont intégrées provenant de l’AICC, de l’IEEE ou de l’IMS sont devenues de-facto des éléments de ces normes. C’est d’ailleurs l’obtention de l’accord de ces organisations qui a freiné un certain temps la transformation de SCORM 2004 en norme internationale. Personne n’imagine non plus que l’énorme travail d’indexation réalisé avec les différents profils du LOM dans de nombreux pays, y compris en France, soit mis au rencart : au contraire, la future norme en 6 parties ISO-IEC 19788 (Metadata for Learning Ressources) précise comment établir un profil et comment rendre interopérables différents profils.

Dire qu’il n’y a pas besoin de normes avec le web 2.0, c’est faire preuve soit d’ignorance, soit de légèreté, si ce n’est d’irresponsabilité. Au contraire, le nombre de normes nécessaires ira en augmentant ! Mais en même temps, au fur et à mesure de leur mise en œuvre dans les outils et les systèmes techniques, elles deviendront transparentes aux utilisateurs, et les « anti-normes 2.0 » devront chercher un autre terrain de jeu pour s’afficher.

Bernard Blandin

(1) document LETSI à télécharger en lien

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 Isabelle Dremeau  - Droit de réponse     |2010-04-20 10:17:33
Bonjour Sonia,

je suis heureuse de voir qu'un article du blog "e-learning
bretagne" permette de relancer la discussion sur les normes elearning!!


Toutefois, je trouve un peu brutal d'être citée dans la catégorie
"négationnisme 2.0" surtout que le commentaire en question extrait du
blog est une réponse au commentaire d'un autre internaute sur l'*utilisation*
des normes "Merci pour ce tour d'horizon des outils. Utilisez vous des
normes très spécialisées ? Scorm, Aicc, ImsLd ... Et que pensez vous des
plateformes actuelles ?"

et n'est pas une réponse directe à une de vos
questions comme le sous-entend la mise en contexte.

Je m'en tiendrai pour ma
part à ce commentaire déjà publié sur ce même blog : "Les normes n'ont
jamais trop été la priorité des formateurs, c'est comme pour la technologie :
elles sont partout mais doivent être transparentes et ne doivent pas nous
...

 Bernard Blandin   |2010-04-21 09:58:21
Vous avez raison sur la nécessité de transparence des normes... On ne se
préoccupe pas de savoir à quelle norme répond l'ampoule électrique que l'on
achète. On se contente de regarder le type de culot et la puissance. Il devrait
en être de même pour les technologies d'information pour l'éducation, la
formation et l'apprentissage. Mais on ne peut pas dire pour autant qu'il n'y a
pas de normes! D'une part; c'est faux; et d'autre part cela alimente des prises
de position irresponsables.

 Sonia Le Louarn   |2010-04-22 11:56:06
Bonjour Isabelle
Bernard Blandin propose une nouvelle version de son texte en
supprimant les connotations sans lien avec le sujet et en complétant son
propos.
Les enjeux des normes méritent d'être débattus.
Veuillez nous excuser
pour le terme employé dans la version première.
Cordialement
Sonia

 François daniel Giezendnner   |2010-04-20 10:26:48
Il n'y a pas lieu d'engager une polémique, nous suscitons une
réflexion/discussion et la question centrale posée est :

"Quid
aujourd’hui de cet effort planétaire dans le domaine des
normes-standards-modèles, métadonnées, documents, silos et réseaux AICC,
IMS, LOM, SCORM, etc ?

Et quid également des relations (collaboration,
compétition) des déploiement de AICC, IMS, LOM, SCORM avec le formidable
déploiement « Web 2.0, e-learning 2.0 » auquel on assiste aujourd’hui
?"

Pourriez vous étayez votre analyse sur ces axes et développer votre
propos sur le déploiement actuel des norme dans les activités Web 2.0
dédiées au e-learning. Comment ces normes, standards et modèles sont-ils
aujourd'hui appliqués pratiquement par ceux qui font du e-learning avec le Web
2.0 ?

Meilleurs messages

FDG

 Bernard Blandin   |2010-04-21 10:23:12
Il ne faut pas oublier que vu de l'extérieur de notre petit pays, il y a
d'abord un formidable déploiement de ressources et de dispositifs utilisant les
standards de l'AICC, de l'IMS, de l'IEEE (LOM) et d'ADL (SCORM), et que tous les
pays et les entreprises qui ont investi dans ces dispositifs entendent bien que
ces normes soient pérennes.
Néanmoins, les communautés qui les ont
développées sont soucieuses de prendre en compte l'évolution des
technologies: ce sont les mêmes qui ont établi LETSI pour réfléchir à SCORM
2.0.
Même si ADL s'est retiré cette année de LETSI pour se consacrer à la
certification des outils SCORM 2004 - qui est devenu la norme ISO/IEC 29163 - on
retrouve les mêmes personnes dans la plupart des groupes de travail sur les
normes liées aux technologies web 2.0.
Il n'y a donc pas affrontement de 2
communautés, contrairement à ce que vous pensez, à partir d'une vision
extérieure...

 Sonia Le Louarn   |2010-04-22 11:59:12
Bernard Blandin propose une nouvelle version de son texte en supprimant les
connotations sans lien avec le sujet et en complétant son
propos.
Cordialement
Sonia

 Jean Vanderspelden  - Version, corrigée et complétée, appréciée     |2010-04-22 14:20:03
Bonjour,

J'apprécie que Bernard ait publié une version corrigée et
complétée.

La mobilisation d'un maximum d'acteurs du secteur de la formation
et de l'éducation sur ces questions de norme est importante.

Elle devrait
être, de mon point de vue, à minima, aussi accompagnée ou confortée par la
"puissance publique", comme cela se passe dans les pays
anglosaxons.

Cordialement - Jean VDS
Consultant - ITG Paris

 François Daniel Giezendanner   |2010-04-22 14:22:22
Bonjour,

Etre en relation avec des enseignants enthousiastes qui expérimentent
et exploitent le Web 2.0 en pédagogie, observer, commenter le phénomène Web
2.0 en pédagogie au sens large et poser des questions pertinentes comme celles
que j'ai reporté dans mon précédent message ou cette autre question de mon
article :

« La question se pose aujourd’hui de savoir quel intérêt nous
devons maintenant porter de manière plus générale à ces normes et standards
compte tenu de l’impressionnante progression de la galaxie « Web 2.0 &
e-learning 2.0 » »

n'a rien a voir avec ce mouvement « anti-normes 2.0 »
dont vous parlez et que je ne connais pas.

De la même manière la phrase :


« Dire qu’il n’y a pas besoin de normes avec le web 2.0, c’est faire
preuve soit d’ignorance, soit de légèreté, si ce n’est
d’irresponsabilité  »

est totalement déplacée et hors de propos car,
nous conce...

 François daniel Giezendanner   |2010-04-22 14:25:00
suite du mesage : car, nous concernant notre démarche qui relève d'une longue
expérience en technique & technologie éducative est faite, de réflexion,
d'interrogation, de prospective, d'évaluation, d'élaboration,
d'expérimentation, et de mise en production. Nous ne disons aucunement qu'il
n'y a pas besoin de normes avec le Web 2.0, nous constatons que nombreux sont
ceux qui exploitent le web 2.0 sans se soucier de normes, même si de nombreux
outils web mettent implicitement en œuvre des normes. Et nous nous rendons
compte, que cela nous plaise ou non, que le Web 2.0, tout comme le cloud
computing et les outils en mode « Service as a Software » (SaaS) commencent
à prendre une place très importante, si importante qu'elle remettent en cause,
du moins partiellement, des choix que nous avions fait il y a peu de temps
encore.

Sur un plan plus traditionnel, nous exploitons une plate-forme Moodle
(rappelons que ses...

 François daniel Giezendanner   |2010-04-22 14:25:38
suite du message...
Sur un plan plus traditionnel, nous exploitons une
plate-forme Moodle (rappelons que ses auteurs l'ont conçue avec une réflexion
socio-constructiviste) qui a un module pour importer des cours aux normes SCORM.
Les enseignants utilisent Moodle sans se préoccuper de cette norme, il faudra
faire une petite enquête pour connaître leur point de vue réel à ce
sujet.

En ce qui me concerne je souhaite longue vie aux normes, standards et
modèles chaque fois qu'elles se révélerons utiles à leurs utilisateurs.

Je
crois que ce thème est suffisamment important pour ouvrir le dialogue avec tous
ceux qui s'y intéressent, et trouver les bons arguments pour le promouvoir,
c'est aussi à ça que servent les questions.

Actuellement le sujet est
d'actualité chez nous car un effort est fait pour tenter de mettre en commun,
mutualiser un maximum de ressources éducatives créées par les enseignants sur
une p...

 François daniel Giezendanner   |2010-04-22 14:26:19
suite du message ...
sur une plate-forme unifiée. La normalisation est donc un
passage obligé dans un tel projet. Cependant cette démarche se heurte à de
nombreux obstacles qui vont de l'effort que chacun voudra investir dans
l'élaboration de méta-données, aux questions de copy-right, etc.

Avec mes
meilleurs messages

FDG

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